COVID LONG PÉDIATRIQUE

Partout dans le monde, des cas de symptômes qui persistent, resurgissent ou se déclarent au-delà de trois ou quatre semaines sont signalés aussi chez des enfants et adolescents. Les tableaux décrits sont similaires à ceux des adultes mais peuvent prendre également des formes

plus agressives, appelées PIMS ou MIS-C. Évoqué par l’OMS dès l’automne 2020, le Covid long pédiatrique n’est pas officiellement reconnu

en France à ce jour.

QUELQUES CHIFFRES

Nous n’avons pas de chiffres français, mais selon des données communiquées en juin 2021 par l’Office of National Statistics au Royaume-Uni (ONS), 11 000 enfants de 2 à 11 ans, 19 000 adolescents de 12 à 16 ans et 89 000 jeunes de 17 à 24 ans souffraient de symptômes persistants quatre semaines après le début de la maladie. A douze semaines, les chiffres baissent mais restent importants (8 000, 15 000 et 75 000 cas pour les mêmes tranches d’âge). L'impact sur la qualité de vie est souvent très important.

Dans une étude australienne, tous les enfants ont été considérés guéris à 6 mois, mais leur moyenne d’âge était de 3 ans, alors que le Covid Long est plus représenté et a plus d’impact chez les enfants plus âgés, ainsi que chez les adolescents. Dans une étude norvégienne, 52% des malades entre 16 et 30 ans présentaient encore des symptômes à 6 mois. 

La persistance de symptômes au-delà de 6 mois est confirmée par la cellule pédiatrique Covid Long de l’Hôpital Germans Trias en Espagne, qui vient de communiquer ses premiers chiffres : parmi les 70 enfants et adolescents suivis, 30 % ont toujours des symptômes à plus de 6 mois, 43 % ne peuvent pas suivre une scolarité normale et 90 % ne peuvent plus avoir d’activité extrascolaire.

La moyenne d’âge est de 13 ans, les patients les plus jeunes ayant 5 ans et les plus âgés 17 ans.

Les chiffres restent donc à confirmer et à affiner mais une chose est sûre : ces données confirment l’existence de symptômes persistants en population pédiatrique. Avec des prévalences plus ou moins élevées selon les sources mais, quelles que soient les prévalences, lorsque les contaminations se comptent par centaines de milliers, même les pourcentages les plus faibles peuvent représenter des milliers de cas.

Parmi les cas de Covid Long pédiatrique, des parents témoignent, dans les groupes de soutien Covid Long français ou anglophones, de durées pouvant aller bien au-delà de douze semaines et dépassant parfois six mois ou un an pour certains enfants ou adolescents, sans amélioration notable. Des chiffres français seraient bien sûr les bienvenus, sur la prévalence à un et trois mois, mais aussi à six mois et un an, pour ces cas où une forme de chronicité semble s’installer.

Ciel noir

“Ado de 13 ans, 14 mois de symptômes. Pas d’antécédents ni comorbidités, sportif, excellent élève. Tachycardie, intolérance orthostatique, hypométabolismes cérébraux, dyspnée, toux, rechutes à l’effort, éruptions cutanées, difficultés de concentration... Pas scolarisé cette année.”

 

A.C. 

LE PIMS, FORME PROLONGÉE ET GRAVE DU COVID LONG PÉDIATRIQUE

Le PIMS est le Syndrome Inflammatoire Multisystémique Pédiatrique. Il s’agit d’une forme grave, d’apparition brutale, généralement 4 à 6 semaines après l’infection au SARS-CoV-2. Compte-tenu de cette apparition tardive, le PIMS est évoqué parmi les manifestations possibles de symptômes prolongés chez les enfants.

Vérification de la température

Il se caractérise par une forte fièvre, des marqueurs biologiques d’inflammation, le dysfonctionnement d’un ou plusieurs organes et nécessite une hospitalisation d’urgence, voire un séjour en réanimation ou en unité de soins critiques pour 43 % et respectivement 24 % des enfants. Nous avons cette fois quelques chiffres français : 501 cas ont été signalés entre le 1er mars et le 25 avril 2021, pour une moyenne d’âge de 7 ans. Un enfant de 9 ans est décédé en France, il présentait un tableau PIMS associé à une myocardite.

L'apparition des symptômes est soudaine, environ un mois après une primo-infection souvent sans gravité, pas nécessairement documentée. Comme chez les enfants Covid Long, les sérologies ne sont pas forcément positives après l’infection, ce qui engendre parfois des hésitations et des retards de diagnostic. Il s’agit a priori d’enfants sans comorbidités ni antécédents particuliers, mais des études récentes commencent à établir leur profil génétique et immunitaire, qui pourraient compter parmi les clés de compréhension de la maladie. 

Parmi les études consacrées au PIMS, une publication de décembre 2020 dans la revue NATURE “ MIS-C : early lessons from immune profiling ” listait déjà les multiples atteintes de la maladie : le système digestif, vasculaire, cardiaque, nerveux, respiratoire peuvent être affectés, sur fond de forte fièvre, accompagnée de diarrhée, conjonctivite, lèvres asséchées, fatigue intense ou encore tachycardie et manifestations cutanées.

Des traitements existent pour le PIMS et ils assurent un bon pronostic, à condition d’être administrés très rapidement. Pour une partie des enfants, des symptômes persistent parfois plusieurs mois après l’hospitalisation.  
Comme le Covid Long pédiatrique, le PIMS ne bénéficie pas d’une reconnaissance officielle en France à ce jour, en tant que conséquence d’une infection par SARS-CoV-2 chez les enfants et adolescents.