• Isabelle

Ce n'était pas la peine de nous applaudir pour les risques que l'on prenait.

J'ai été contaminée sur mon lieu de travail, je fais parti des soignants. Je n'aurais jamais dû travailler près des personnes atteintes du covid, vu que j'étais une personne à risque.


Je m'étais déclarée comme telle auprès de mon employeur, je suis une personne en surpoids et avec des problèmes cardiaques.

J'ai été contaminée en avril 2020, je n'ai pas été hospitalisée.


Mon médecin m'a donné du paracetamol et m'a dit de rester chez moi. Que ça allait passer. À cette époque déjà, je me suis sentie abandonnée à mon sort. Je n'ai pas été reconnue en maladie professionnelle, vu que je n'ai pas eu d'oxygène. Quand je repense à cette période, il aurait peut-être fallu car j'étais vraiment mal.


J'ai fait ma rééducation toute seule au départ, car c'est à peine si je me tenais debout, vu que j'étais restée dans mon lit pendant 8 jours. Dans un état semi comateux.

Mon médecin ne trouvait pas utile de me prescrire des séances de kinesitherapie.


Il a voulu m'envoyer voir un infectiologie, mais celui ci a refusé de me voir, pour lui ce n'était pas utile trois mois après. L'été dernier je me sentais mieux, mais en septembre j'ai rechuté, c'est à ce moment là que j'ai vu un pneumologue deux mois après et qui a trouvé que j'avais développé un covid long.


Il m'a fait rentrer à la clinique du souffle à Hauteville Lompnes dans l'Ain, pour une rééducation pendant deux mois. J'ai eu beaucoup de chance de pouvoir profiter après de 4 mois d'hospitalisation de jour vu que j'habite pas très loin.


Je vais un peu mieux, mais j'ai encore des séquelles de cette maladie, qui m'handicape dans le quotidien. Je fais toujours de la rééducation à domicile 3 fois par semaine pour l'instant. J'ai fini mon hospitalisation de jour fin août.

J'ai revu mon médecin à la sortie de mon hospitalisation, il ne croit toujours pas au covid long, pour lui ça ne peut pas durer aussi longtemps. Aujourd'hui, j'ai été convoquée par le médecin de la sécurité sociale, ça s'est très mal passé.

Pour elle vu que je n'ai pas été hospitalisée au début, c'est pas possible que je sois encore malade.

Elle m'a signalé que je devais reprendre mon travail dans une semaine, et qu'à partir de cette date elle me coupait toutes mes indemnités journalières.

Pour elle, le covid long n'existe pas, et en plus, vu que je n'ai aucun traitement, il n'y a pas de raison de mon arrêt. Pour elle je me suis assez reposée.


Celle-ci m'a fait déplacer de chez moi pour me dire ça, j'ai fait plus de 50 km on m'a emmenée vu que je ne conduis toujours pas.


Sa décision était prise avant de me voir, elle m'a dit qu'elle l'avait prise il y a une semaine.


Comment pouvez vous en sortir, quand vous avez des médecins qui sont contre vous et qui ne font rien pour vous aider à aller mieux.


Aujourd'hui je ne sais pas si je pourrais continuer mes séances de kinesitherapie vu que je dois reprendre le travail. Je ne sais absolument pas ce que je vais faire, j'habite en campagne et je dois prendre mon véhicule pour aller travailler. Mon travail est très physique et j'ai encore beaucoup de douleurs dans les articulations et les muscles, je ne vais pas résister.


En ce moment je me sens bien seule et abandonnée de tous.


Pas seulement que l'on a travaillé sans protection, que l'on n a pas voulu nous reconnaître en maladie professionnelle, on nous jette la pierre pour finir. Ce n'était pas la peine de nous applaudir pour les risques que l'on prenait. Aujourd'hui on nous considère comme des moins que rien.

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