• Emilie B. - 19 ans - Marseille

Je suis étudiante et fatiguée, voire épuisée...

Je m appelle Emilie, j'ai 19 ans, j'habite Marseille et depuis septembre 2020 je vis un/en enfer.


J'ai attrapé la Covid en fin août 2020... Enfin "attrapé" est un bien grand mot, j'ai eu un test PCR positif avant une intervention chirurgicale, alors que j'étais en convalescence chez moi suite à une intervention chirurgicale (3 interventions en 6 semaines et c'est très important pour la suite de l'histoire).

Dans ma famille j'ai été la seule à être positive (mes parents sont vulnérables au covid, donc on fait très attention). Aucun symptômes à part une légère fatigue.


Mi septembre, je me remets de mon opération qui a eu lieu 1 semaine avant et je cravache car le 21 septembre j'ai des partiels...

Je suis fatiguée, j'ai du mal à réfléchir... Épuisée... Je mange des vitamines. Mon médecin me dit que c'est à cause des opérations que j'ai subies, il faut du temps à mon corps pour récupérer. Et puis j'ai mal au ventre. Des douleurs atroces, insupportables... Je "brûle" de l'intérieur, je "sens" mes aliments se déplacer dans mes intestins... je suis habitée par une bête !!! 2 jours après, la diarrhée... Dès que je mange, j'ai pas fini de manger que je suis sur les toilettes des heures durant.

Je passe mes partiels comme je peux, c'est à dire sans me nourrir sinon c'est la cata...

En octobre je revois mon chirurgien, mes résultats de prise de sang sont nickels. Je lui parle de ces problèmes persistants, je lui demande si ça vient de l'opération. Pour lui c'est possible mais la fatigue dont je suis atteinte l'inquiète. Il me donne un traitement au long court, il me dit que ça va aller mieux. Il me donne ses coordonnées, ne pas hésiter à le contacter...


Je suis étudiante et fatiguée, voire épuisée...

Les cours sont difficiles à suivre, à comprendre... Je me nourris de pâtes de riz (je déteste le riz !), de blanc de poulet et de compote... Plus rien ne passe, il n'y a que ces 3 aliments qui évitent ces diarrhées, le mal de ventre. Les brûlures j'en ai pris mon parti, il faut dire que je ne suis pas du genre à me plaindre. J'ai des maux de tête sans arrêt mais je suis migraineuse donc, au final, j'en ai même pas fait cas. Mes yeux aussi me font mal, j'ai mal quand je les frotte ou simplement que je les touche.


Je prends rendez-vous avec mon chirurgien, je n'en peux plus, je souffre le martyr... Aux urgences, quand j'y suis allée, Doliprane et dodo car il n'y a pas de bobo.


Bref, mes parents sont très inquiets... Je mesure 1,70 pour 53 kilos, j'ai perdu 10kg.


Je ne remercierai jamais assez ce chirurgien. D'une compassion, d'un professionnalisme. Il cherche, ça fait 1 heure 15 qu'on est dans son cabinet avec ma mère, on peut lire son désarroi sur son visage. Et puis, le verdict tombe :

"Rien ne justifie une quelconque pathologie, mais je vois bien que ça ne va pas."


On repart avec des tas d'analyses... Que je fais dans la foulée... Le chirurgien me contacte, il me dirige vers un confrère hépatologue. Les résultats tombent : mon fer est aux ras des pâquerettes, j'ai une légère cytolyse hépatique. Toutes les analyses autres sont normales.


Je suis épuisée, je ne sors plus de mon lit. Je fais mes cours en distanciel, je n'ai plus la force d'aller jusqu'à mon établissement 1 semaine sur 2.

Je me surprends à être essoufflée en montant les escaliers et puis cette fatigue, ces maux de ventre, ces brûlures, ces maux de tête... Un jour, j'ai même fais un rash, j'étais couverte de boutons qui ont disparu aussi vite qu'ils sont apparus.


L'hépatologue ne me donnera pas de fer à cause de mes douleurs gastriques car ça peut les amplifier. J'ai un nouveau traitement, mais l'hépatologue est circonspect. Toutes ces douleurs n'ont aucun rapport avec le diagnostic et cet épuisement l'interpelle aussi.


J'ai mal a la tête, rien à voir avec une migraine, qu'est-ce que ça fait mal. Aucun médicament n'en vient à bout. Je me sens pas bien... J'ai de la fièvre, ma mère prend rdv chez notre médecin.


Nous sommes le 27 février et je ne suis pas bien du tout... Je n'arrive même pas à prendre une douche, je ne sens plus mes jambes, elles tremblent.


Ma mère me dit par précaution, tu vas faire un test antigénique... Afin d'éviter de contaminer le cabinet médical.


BINGO j'ai la COVID ! Encore ! La vie est injuste ! Je ne sors que pour les médecins, je n'ai plus de vie sociale !


Ma mère va voir le médecin et lui dit que je suis positive, mais au vu de la description des symptômes, elle veut me voir. Après examen, elle m'envoie aux urgences pour une suspicion de méningite (ah non pas eux ! Je ne veux pas y aller !).

Et j'irais... Je passerais la journée là-bas, pour rien ! Je n'ai que la Covid. Isolez vous, prenez du Doliprane !

Je ne me résous pas... Je ne peux pas rester dans cet état.

Je prends une douche assise car ça me demande trop d'effort, je n'ai que 19 ans !


Mes parents m'amènent à l' IHU où on me diagnostique le variant anglais. On me fait passer un ECG, j'ai une hypertrophie ventriculaire droite.


J'en informe mon médecin traitant qui me dit que c'est assez étrange... Il me suit depuis que j'ai 5 ans ! Il me connait, je ne suis jamais malade et là...

Il me dit : "tu as un covid long, c'est complexe mais cette fatigue, ces résultats, tout concorde."


Je suis restée 3 semaines positive au virus (ma famille n'a rien eu !). Je suis éreintée, j'ai fait une pause pour les cours, je ne peux rien faire, tout m'épuise. Je n'arrive plus à raisonner, à comprendre, tout s'embrouille dans ma tête et j'ai toujours mal au ventre... et il y a quelques jours, mon visage me démangeait comme pas possible alors que je n'avais rien.


Tout le monde me dit qu'il faut que je me repose, mais personne ne comprend qu'en tant qu'étudiante, je n'ai aucun statut ! Je ne peux pas me mettre en arrêt total. Mes prochains partiels sont dans un mois et demi. Sacrifier une année ? Je fais des études de comptabilité/gestion qui sont déjà extrêmement difficiles. Que faire, quoi faire et comment ?


Ma mère a adhéré à l'association AprèsJ20 pour essayer de comprendre mieux les symptômes.


Je m'appelle Emilie, j'ai 19 ans et je ne suis plus que l'ombre de moi-même...

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