• Christelle C.

Je vous livre un texte que j'ai écrit hier soir... il parlera peut être a certains !

Atteinte de covid long depuis plus d'un an...

Troubles cognitifs, acouphènes, troubles circulatoires, fatigue...

Non reconnue par ma généraliste qui me rit au nez et me parle de dépression. Ayant consulté une psy qui me dit que je ne suis pas dépressive.

Je suis en attente d'un rdv neuro au CHU Purpan de Toulouse le 13juillet. J'ai dû reprendre mon activité professionnelle car j'étais ruinée, seule avec 3 enfants...

Orthophoniste de métier autant vous dire que je suis souvent en échec avec mes soucis de concentration, de manque du mot etc. + La fatigue accablante de devoir vivre "comme avant" alors au plus rien n est comme avant.

Bref...

Je vous livre un texte que j'ai écrit hier soir... il parlera peut être a certains !


Je me lamente

Tu te lamentes

Il se lamente

Nous nous lamentins !

Mince à la fin !

A force de dire que je n’arrive à rien,

Il ne faudrait pas

Que je larmoie

Alors que je n’ose pas

Faire un pas !

J’ai bien vu

Que même si c’est difficile,

C’est en m’entraînant que je deviens plus agile ;

Ce qui a été ne sera plus,

Mais des traces demeurent.

Je ne suis plus tout à fait la même ni complètement différente.

Vivre aujourd’hui comme dans ce qui fut me hante.


Un renversement inattendu

Dans lequel je m’englue.

Il faut que j’arrête de penser qu’à force de me battre, je finirai par l’abattre

Il est plus fort que l’albâtre et me fige tel un emplâtre.

Il œuvre chaque seconde

Dans ma tête, dans mes veines.


Te sens-tu si bien avec moi ?

Parfois il m’arrive de croire

Que tu as été envoyé pour venger

Des nuisibles de la nature.

Nous sommes pour toi

Des damnés.

De notre vie non retirée,

Nous payons les pots cassés

De toute l’humanité.


Cerveau détérioré,

Je ne peux me concentrer.

Jamais plus je ne pourrai raisonner…

Redevenir animal,

Se contenter de sa simple existence

Ne plus se projeter

Ni regarder le passé.

N’être qu’une présence

Sans histoire et sans substance.

Un mouton heureux de ce qu’on lui donne.


Qu’on me pardonne !

Si je gloutonne…

Je ne peux plus nourrir ma tête de connaissances,

Je nourris ma panse…

La panse de la bête…

Comme pour elle on oubliera que j’ai une conscience

Quand, une fois bien grasse, on m’enverra à l’abattoir,

A bouffer des cachets pour ne plus broyer du noir.


Pense-bête…

Venu là pour combler les lacunes

De ma tête.

Ma tête, tu es devenue une urne.

Urne de mon présent déliquescent

Qui s’envole au vent.

Tu ne peux plus rien garder

Tu es béante,

Inclinée.

Les idées qui entrent sont glissantes.

Elles roulent, s’embrouillent puis s’évaporent.

Sans douleur,

Elles partent vers un ailleurs

Sans laisser une trace ;

Parfois à peine une saveur,

Une interrogation, un peut-être

Qui laissent songeur.


Les gens pensent

Que ce n’est qu’un petit oubli

De la personne qui n’a pas assez dormi,

Que ce n’est que de l’étourderie

De laquelle on rit.

Mais dans la légèreté

De ces pacotilles envolées,

Il y a toute la dureté

D’un quotidien que l’on ne peut plus assumer.

Pour vous ce n’est rien.

Pour nous c’est la démence,

La sénescence avant l’heure,

L’AVC dans la bonne humeur

Car on n’a pas subi tous ses heurts.


De cette crise on ne sortira pas sains.

Pour certains

C’est sociologique,

Psychologique, économique.

Pour nous c’est endosser

Le visage d’une nouvelle humanité

Ebréchée dans son intégrité,

Devant se réinventer.

Une adolescence

A rejouer

Dans l’ombre de ce que l’on fut

Avec toute la médisance

De médecins qui, dans l’inconnu,

Nous jugent saugrenus

Et donnent comme seuls traitements

Quelques railleries et ordonnances en promettant

Que ce seront les dernières avant l’internement…

L’enterrement.


Et vous les proches,

Vous qui êtes à nos côtés,

Arrêtez donc de vous cacher !

Ne soyez pas lâches

Et sachez dire que nous sommes devenus des taches !

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