• Anonyme

Ma tête voudrait que je retravaille et mon corps ne peut pas.

Je suis infirmière depuis 23 ans.


En février 2021 : j'ai voulu protéger les patients, mes proches et moi en faisant le vaccin astra (qui était très fortement conseillé par le gouvernement et l'établissement où je travaille) : 6 h après la première injection j'ai eu de fortes céphalées, avec des vomissements. Le lendemain ma cadre me contacte pour faire un dépistage COVID rapide car il y a un cluster dans mon service. Mon mari n'a pu m'emmener que 2 jours après, car impossible de bouger avant, je restais au lit avec de l'ibuprofène.

Lorsque je me levais je mettais mes lunettes de soleil car énorme photophobie. Je suis allée me faire dépister et verdict COVID +. Nous prenions tellement de précautions avec masque, surblouse, lunettes, charlotte, surchaussures, beaucoup de désinfection des mains entre les patients, désinfection du matériel pour les patients porteurs du covid. C'est vraiment rageant.

Nos pauses repas se faisaient en petit comité, plus de moment d'échanges entre collègues, et ces moments de convivialité que nous avons besoin.

Une déclaration accident de travail a été faite dès que j'ai eu les symptômes suite au vaccin.

J'ai eu un traitement pour le covid (antibio, anticoagulant, corticoïde).


Mon mal de tête était toujours présent et toujours aussi intense. J'ai eu tous les examens possibles pour dépister une éventuelle thrombose. Je me mettais de la glace sur la tête, à me taper la tête contre la tête de lit. Mon mari et ma fille de 17 ans me voyaient comme un loque.

IRM cérébral, scanner cérébral, echo vaisseaux du cou, holter ecg, dépistage maladie horton.


Tous les résultats sont revenus négatifs, et les antalgiques ont commencé par du dafalgan, acupan et pour finir par de la morphine avec des doses de plus en plus fortes. Pendant 2 mois je restais au lit ou me levais juste sur le canapé, aucun appétit.


J'ai fini par contacter un centre antidouleur et on m'a dit qu'il faut attendre 6 mois et connaître l'origine de la douleur.

Début avril : je me suis couchée à 21h et je me suis levée le lendemain à 17h. C'en était trop, j'en pouvais plus moralement.

Je voulais en finir avec cette douleur (au niveau du crâne et du cuir chevelu dans les 4 coins de la tête, comme des coups de marteau) en prenant des comprimés, j'ai eu la force d'appeler à l'aide et j'ai été hospitalisée 2 semaines en psychiatrie. Un traitement antiépileptique et un antidépresseur agissant également sur les céphalées m'a été prescrit et j'ai diminué doucement la morphine. J'avais des impatiences dans les jambes, les bras, je faisais un sevrage de morphine. Je sentais que mon corps partait et mon esprit restait.


Maintenant (début mai 2021) je suis à la maison toujours en arrêt maladie avec des vertiges niveau cérébral, essoufflée lorsque je fais un effort (ménage, repas), je suis complètement ralentie.


Ma tête voudrait que je retravaille et mon corps ne peut pas. J'ai beaucoup de difficultés à me concentrer, les bruits aigus m'agressent, lorsque le soleil est présent les céphalées reviennent. J'ai fait 3 séances d'ostéopathie, elles m'ont libéré les tensions au niveau du cou, des épaules, et j'ai eu 2 séances d'hypnose. C'était très difficile mais elles m'ont fait énormément de bien.


Le matin quand je me réveille, je suis presque en train de parler à ma douleur et lui dire tu es là aujourd'hui ou pas ?

Mon établissement m'a demandé de faire un dossier car ce n'est pas pris en charge en accident du travail, mais je pourrai être en maladie professionnelle avec ce covid long.

N'ayant pas eu d'oxygène, selon les textes de loi, je ne peux pas prétendre à une maladie professionnelle. Mon dossier va être étudié.

Nous sommes en mai et je n'ai pas encore conduit depuis mon vaccin, je dépends de mon mari, car les vertiges peuvent venir à tout moment.

Le plus dur dans ma situation, c'est que du fait que je n'avais pas de thrombose les médecins (médecin traitant, neurologue, centre anti douleur) ont été rassurés et ont qualifié ma douleur en covid long. Il a fallu que je veuille mettre fin à mes jours pour que l'on écoute ma douleur par un psychiatre, que j'arrête la morphine.

Pour l'instant je n'ai pas repris le travail (toujours des impatiences la nuit au niveau des jambes et des bras, fatigue, épuisement, perte de la concentration, vertiges).

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