FOIRE AUX QUESTIONS

Quand la maladie vous touche ou affecte l'un de vos proches, les questions se font pressantes. Légitimes, elles permettent de

mieux appréhender les symptômes et d'en comprendre les mécanismes. Pour le Covid Long, de nombreuses réponses

restent malheureusement en suspens, tant cette maladie interroge encore les spécialistes à travers le monde.

Le covid peut-il occasionner des séquelles neurologiques ?


Il y a un consensus des publications (1) dans les revues scientifiques pour considérer que c’est le cas (2).
La question qui fait débat auprès des scientifiques est celle de connaître les causes de ces manifestations.
Plusieurs études soutiennent l’idée que le virus SARS-CoV-2 peut directement attaquer les cellules cérébrales, comme cette étude (3) qui donne 3 arguments soutenant l’hypothèse de neuroinvasion : son observation sur des organoïdes de cerveaux humains, sur des souris modifiées génétiquement, et sur des éléments post-mortem cérébraux.
De plus, une persistance virale (4) a été retrouvée dans le tronc cérébral de certaines victimes du covid.
Les mécanismes qui permettraient au virus d’entrer dans le système nerveux central sont détaillés dans l'étude Hospital practice (5).
Mais s'il est établi que le covid peut endommager le système nerveux central (6), il reste la question de savoir s'il s'agit d'une neuroinflammation ou d'une infection directe du tissu cérébral.
Une publication suggère que la perturbation de la barrière hémato-encéphalique, la libération de cytokines ainsi que des mécanismes auto-immuns sont impliqués dans le développement des troubles neurologiques de la covid (7). Pour ses auteurs, ces mécanismes tendent à écarter l'invasion virale directe au niveau cérébral.

Un certain nombre d’anomalies totalement inhabituelles sont observées au niveau cérébral : la possible présence de cellules de moelle osseuse (8), et souvent une activité métabolique anormalement basse dans plusieurs zones du cerveau proches du bulbe olfactif, par examen de PET-SCAN (9). Le rôle de l'anxiété est également retenu comme un facteur aggravant (10). Références

  1. How Covid-19 affects the brain - Mars 2021 - JAMA Network
  2. Neurological symptoms, manifestations and complications associated with severe acute respiratory syndrome coronavirus 2 - Janvier 2021 - Springer Nature
  3. Neuroinvasion of SARS-CoV-2 in human and mouse brain - Janvier 2021 - JEM
  4. Neuropathology of patients with COVID-19 in Germany : a post-mortem case series - Novembre 2020 - ScienceDirect
  5. SARS-CoV-2 invasion of the central nervous: a brief review - Octobre 2020 - Hospital practice
  6. Infection mechanism of SARS-Cov2 and its implication on the nervous system - 2021 - Frontiers in Immunology
  7. Observational cohort study of neurological involvement among patients with SARS-Cov-2 infection - Février 2021 - Sage journals
  8. Assessing brain capillaries in coronavirus disease 2019 - Février 2021 - JAMA Network
  9. F-FDG brain PET hypometabolism in patients with long COVID - Janvier 2021 - Springer Nature
  10. Presentation and management of anxiety in individuals with acute symptomatic or asymptomatic COVID-19 infection, and in the post-COVID-19 recovery phase - Novembre 2020 - International Journal of Psychiatry in Clinical Practice




Que sait-on sur le nombre de personnes touchées par le Covid Long ?


La définition du Covid Long, basée sur les recommandations des agences sanitaires, prend pour critère les symptômes prolongés, fluctuants et multi-systémiques (respiratoires, cardiaques, neurologiques, vasculaires, dermatologiques, ORL, digestifs…) qui se développent pendant une infection par le SARS-CoV-2 et qui apparaissent ou persistent après 4 semaines.
Cette définition recouvre donc des situations très différentes, qui vont d'une fatigue persistante sur le long terme, à tout un ensemble de symptômes qui peuvent gravement handicaper la vie des malades. Les études donnent donc des mesures prévalence assez diverses selon la symptomatologie retenue. Selon l'OMS ou encore l'Office for National Statistics (ONS) britannique, environ 1 personne sur 10 testée positive au COVID-19 présente des symptômes pendant une période de 3 mois ou plus, ce qui représente, en février 2021, 10 millions de malades dans le monde (1). Référence

  1. The prevalence of long COVID symptoms and COVID-19 complications - Décembre 2020 - Office for National Statistics




Qui est le plus touché par le Covid Long ?


Les publications scientifiques à ce sujet ne formulent que des hypothèses. Certains gènes pourraient être impliqués dans les formes persistantes de la covid. Le Covid Long pourrait toucher davantage les femmes mais les études ne font pas consensus sur ce point.




Quels organes peuvent subir des lésions et dommages suite à une infection de covid et entraîner des séquelles ?


Le covid est une maladie virale systémique, ce qui signifie qu’elle peut toucher un grand nombre d’organes du corps humain. Potentiellement, partout où se trouvent des récepteurs de type ACE2 (et peut-être également le neutropiline 1). Les séquelles le plus connues sont celles sur les poumons, sur le système cardio-vasculaire, ou encore sur le système nerveux, mais les séquelles peuvent concerner :

  • les muscles et le système nerveux périphérique
  • les intestins (sur lesquels la persistance virale est possible)
  • les reins
  • le foie
  • la peau
  • le système endocrinien et la glande thyroïde
  • le pancréas, les testicules, les yeux...