• Vincent, 29 ans

L'histoire de mon Covid Long

Le 22 septembre 2020, je ressens de fortes courbatures dans la nuque et le haut du dos. Je demande une téléconsultation d’urgence avec mon médecin. Il n’est pas du tout certain que ce soit dû au Covid, mais j’insiste pour qu’il me fasse une ordonnance pour un test PCR. Le lendemain matin, je vais faire le test. Trois jours après, je reçois un appel du labo. J’apprends que mon test est positif. Je dois m’isoler 7 jours. Mes symptômes sont légers. Je n’ai plus de courbatures, mais j’ai perdu l’odorat et je ressens peu à peu une grande fatigue.


Ma semaine d’isolement est pesante. Je dois constamment me reposer et j’ai perdu l’appétit ainsi que le goût. Je ne peux plus respirer par le nez, qui est complètement obstrué et sec, mais par chance, j’arrive toujours à respirer. Je n’ai pas été hospitalisé. N’ayant toujours pas eu de fièvre ni de toux au bout de ces 7 jours d’isolement et mes symptômes disparaissant, mon médecin m’autorise à reprendre le travail au début du mois d’octobre. Mais au bout de quelques jours, je réalise que je ne suis pas encore tout à fait guéri. Ma voix se fatigue très vite. Je n’ai plus de voix après une journée classique de travail, ce qui n’était pas le cas avant. De plus, je suis chanteur, ce qui fait que j’entraîne et j’exerce ma voix régulièrement. Cela me paraît très étrange.


Au fur et à mesure que le mois d’octobre s’écoule, de nouveaux symptômes réapparaissent à nouveau : une énorme fatigue, qui m’oblige à me coucher tôt chaque soir. Une sensation désagréable de boule dans la gorge comme si on voulait m’étrangler, des troubles gastriques. Mes symptômes ne disparaissant pas, je décide de consulter mon médecin à nouveau. Il estime que je suis en bonne santé et ne constate rien d’anormal, et hésite à m’envoyer chez un ORL ou chez un gastroentérologue. J’opte pour l’ORL et prends rendez-vous pour début novembre. À son tour, mon ORL m’examine et ne constate rien d’anormal non plus. À une seule exception : à l’audiogramme, il constate que j’ai développé une hyperacousie (ce qui fait que j’entends tous les sons du quotidien plus forts qu’ils ne devraient être, +10 dB environ. Constatant que l’origine de ce problème pouvait être d’ordre neurologique, mon ORL me prescrit une IRM cérébrale ainsi qu’une IRM du rachis cervical. Pour écarter toute hypothèse de pneumopathie, il me prescrit également un scanner thoracique. Je les fais les 10 jours qui suivent.


Puis les diagnostics tombent :

- Scanner thoracique : normal.

- IRM cérébrale : normale.

- IRM rachis cervical : raideur rachidienne cervicale modérée.


Surpris par ce diagnostic, je me tourne vers un ostéopathe pour traiter cela. Je fais un total de 6 séances.


Les séances d’ostéopathie me soulagent quelques jours mais ne font pas pour autant disparaître mes symptômes. D’ailleurs, d’autres apparaissent à nouveau : maux de tête, brouillard cérébral, acouphènes, douleurs cardiaques et thoraciques, troubles du sommeil et insomnies. Je vais consulter un cardiologue pour explorer la piste cardiovasculaire. J’ai fait un bilan sanguin complet, un électrocardiogramme et une échographie cardiaque. Tout est normal. Je suis soulagé, mais je reste confus devant tant de symptômes. Nous voilà maintenant à la fin du mois de janvier. Je me sens mieux. Je me suis reposé plus d’un mois à présent et je décide de reprendre mon sport favori : la course à pied, qui m’aide à m’apaiser et à me défouler pour mieux dormir le soir. Je cours qq kilomètres, tranquillement. Tout se passe bien. Persuadé que ma guérison est en vue, je renouvelle l’expérience une semaine après. Ma course s’est bien passée mais j’ai senti mes muscles plus fatigués que d’habitude. 2 heures après la fin de ma course, ma fréquence cardiaque commence à s’emballer. J’étais à plus de 110 BPM alors que j’étais assis sur une chaise. Je respire profondément. Pas moyen de faire baisser cette fréquence. Je suis au bord du malaise vagal. Je m’allonge puis observe ma fréquence cardiaque monter encore et encore jusqu’à 160 (j’étais allongé). Au bout de quelques heures, ma fréquence finit tout de même par baisser (autour de 90 BPM) mais pas suffisamment pour que je puisse me reposer. À 2 heures du matin, alors que j’essaie de m’endormir, ma fréquence cardiaque n’est toujours pas passée en dessous de 90 BPM. J’ai des palpitations aux jambes. Je décide de prendre un anxiolytique pour me calmer (je ne fais jamais ça d’habitude, c’était la 1ère fois). Ça marche, je finis par me reposer quelques heures. Le lendemain, je passe une échographie cardiaque à l’hôpital. Tout est normal. Je fais également un autre scanner thoracique. Tout va bien. Quelques jours plus tard, je fais un autre bilan sanguin complet (3 mois après celui de novembre) ainsi qu’une sérologie Covid. Tout est OK pour le bilan, et j’ai toujours les anticorps Covid à J+146.


Aujourd’hui, je ne sais pas où aller ni quoi faire pour me soigner. Mes symptômes sont légers mais toujours présents, donc gênants. J’ai tout de même choisi de reprendre le travail pour me rééduquer. Je vais consulter à nouveau mon cardiologue pour faire une épreuve d’effort. Ma seule piste pour l’instant serait de faire une rééducation à l’effort chez un kinésithérapeute, comme le recommande la HAS. Mais beaucoup d’autres questions subsistent : pourquoi j’ai tant de symptômes persistants 4 mois après ? Quelle est la cause ? Combien de temps cela va-t-il durer ? Est-ce réversible ? Avec le peu d’info dont on dispose, il paraîtrait que oui. Mais le mystère qui entoure cette maladie du #LongCovid reste complet. Et beaucoup d’autres souffrent de symptômes plus sévères que moi encore.


Des mois après avoir été infectés, nous sommes des millions à souffrir de symptômes persistants. Le #LongCovid touche entre 10 et 20 millions de personnes dans le monde (OMS). Aujourd’hui nous comptons les morts, bientôt nous compterons les Covid longs.




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