• Catherine S. - 51 ans - Professeur des écoles

Je finis par avoir honte de me sentir si mal.

Professeur des écoles, souffrant d'une spondylarthrite ankylosante (gène HLA B27 reconnu), tout a commencé à la mi-mars 2020, juste avant le premier confinement. De gros problèmes intestinaux pendant 3 jours, de la fièvre (38, 5°), mal à la tête puis c'est remonté au niveau de la sphère ORL. Je me suis mise à beaucoup tousser.


Mon médecin traitant m'a mise sous antibiotiques. J'avais une énorme sinusite et j'étais épuisée, incapable de me mettre debout pendant 3 semaines.

Je n'ai pas été testée car il n'y avait à ce moment-là, ni test, ni masque.

J'ai travaillé au fond de mon lit, pour préparer les cours de mes petits élèves en distanciel. Ce fut une période bien compliquée.


J'ai tout doucement remonté la pente avec des douleurs articulaires plus importantes que d'habitude (j'ai mis cela sur le compte des heures passées à l'ordinateur et de la spondylarthrite). De retour en classe, mi-mai, j'étais très essoufflée, ayant des difficultés à finir mes phrases. Sûrement le port du masque!

On ne parlait pas encore de covid long à cette époque. J'étais épuisée, mais je "m'accrochais".


Au mois d'août, je me suis mise à souffrir d'insomnies, sans raison réelle. Là aussi, j'ai mis cela sur le compte des hormones, vu mon âge. Les douleurs articulaires étaient vraiment beaucoup plus fortes que d'habitude.

A la rentrée, il y avait toujours cet essoufflement qui me gênait pour enseigner. Forcément le masque... Vers le début octobre, j'ai commencé enfin à aller mieux.


Malheureusement, mi octobre 2020 (juste avant le deuxième confinement), les symptômes sont réapparus. Toujours la même chose : 3 jours de problèmes intestinaux, fièvre (38°), mal de tête, puis c'est remonté dans le pharynx. Ma voix s'est cassée et je me suis mise à saigner du nez dès que je me mouchais (chose qui ne m'arrive jamais).

Tout le pharynx me brûlait.

Test PCR : négatif.


Une fatigue intense m'a alors clouée au lit pendant 10 jours. J'ai été arrêtée. Au bout de 10 jours, j'allais un peu mieux ; c'est alors que j'ai commencé à avoir plein de petits boutons sur les cuisses et les bras. Cela ressemblait à la varicelle. J'ai montré ces boutons à mon médecin traitant qui ne comprenait pas ce qui m'arrivait.

Comme mon PCR était négatif, il m'a dit que j'avais fait un épisode viral.

J'étais à 3 semaines des premiers symptômes.

J'ai alors senti que j'avais un problème au niveau du cœur. Il me donnait l'impression de se décrocher tout le temps. J'ai compris par la suite que je faisais des extrasystoles, des centaines d'extrasystoles par jour ! Dès que je marchais et même au repos !


J'étais très essoufflée avec des difficultés pour monter les escaliers, les pentes. C'était infernal. Je suis retournée voir mon médecin traitant. Scanner du thorax, prise de sang.

Tout était normal.

Test sérologique négatif.

Gros coup au moral, car, j'avais le sentiment que le monde médical ne m'entendait pas.


En décembre, j'allais mieux. J'avais réussi à décrocher un rdv chez le cardiologue. Échographie, holter. Tout était normal. Nouveau test sérologique négatif. Je finissais par me demander si je ne rêvais pas. Je comprenais surtout que si j'avais un test sérologique négatif, je n'avais pas d'anticorps contre le covid et je pouvais donc le rattraper encore une fois...


En janvier, tout le monde nous disait que les enfants n'étaient pas contagieux et que le virus circulait très peu dans les écoles.

Je n'y croyais pas.

Je suis retournée à l'école début 2021, la boule au ventre.

Et cela n'a pas raté.

Le 22 mars dernier, j'avais à nouveau des symptômes.

Toujours pareil : 3 jours avec des problèmes intestinaux, mal à la tête puis cela monte dans la sphère ORL. Toux, difficulté à respirer. J'étais fiévreuse, mais sans température. L'épisode a duré une bonne semaine. Cette fois-ci j'avais des trous de mémoire, je ne trouvais plus mes mots, je faisais des insomnies sans raison. La fatigue me vidait de toute énergie.

Test PCR : négatif.

Pas de remplaçants dans les écoles. Je suis allée travailler malgré tout.

Plein de cas d'enfants et d'adultes positifs dans l'école.


A ce jour, J + 15, je tousse toujours, je suis épuisée, essoufflée. J'ai à nouveau des extrasystoles, de la tachycardie la nuit, une gêne à respirer dans le poumon gauche. Je dois faire des pauses lorsque je monte des pentes. Je fais des insomnies. J'ai à nouveau pris 30 ans. Nouveau scan thoracique: tout est normal. Mon médecin ne me parle toujours pas de covid long.

Tout est négatif, toujours, tout le temps.


Pour moi, avoir les symptômes en étant négative aux tests, c'est la double peine. J'ai l'impression de ne pas être crédible.

Je finis par avoir honte de me sentir si mal.

Alors, je serre les dents et je fais bonne figure. Mais c'est très dur à vivre.


Il me reste une question : est-ce qu'on attrape une fois le covid et ensuite il reste dans le corps, en ressortant par moment (un peu comme un zona) ou bien, est-ce qu'on peut attraper plusieurs fois le covid ?


J'espère que ce témoignage pourra aider d'autres personnes qui traversent la même épreuve que moi , ainsi que les professionnels de santé à mieux comprendre les souffrances endurées.

191 vues

Posts récents

Voir tout