• Julia - Bordeaux

Voici mon histoire

J’ai commencé à être malade le 9 Mars 2020, j’avais comme un état grippal (maux de tête, toux, très grande fatigue, difficultés à respirer, courbatures, vertiges, grosses douleurs thoraciques et comme des pointes au niveau du cœur).

Ne me sentant vraiment pas bien les jours suivants, j’ai pris rdv chez le médecin. Nous étions toutes malades dans le bureau. Une collègue a vu son médecin dans la semaine, mais ce dernier s’est positionné plus sur une bronchite et non le Covid.


Le Samedi matin, la remplaçante de mon médecin m’a dit qu’elle ne pensait pas que ce soit le Covid car je ne faisais pas de fièvre. A cette époque, on ne faisait pas les tests PCR, ils étaient réservés aux personnes hospitalisées. Elle m’a mis en arrêt, au cas où, jusqu’au mercredi suivant et m’a prescrit des antidouleurs.

Le confinement a eu lieu le Mardi 17 Mars.


Je suis restée 3 à 4 semaines au lit, je n’arrivais pas respirer, de fortes douleurs aux poumons, de la toux, des maux de tête, grosse fatigue, et j’avais l’impression de faire des mini crises cardiaques. Les douleurs et les difficultés respiratoires m’empêchaient de dormir la nuit. Je n’ai jamais été aussi malade de ma vie.

Je suis retournée voir mon médecin le 26 Mars ; elle m’a prescrit des antidouleurs.


Le 1er Avril, j’ai contacté la plate-forme Covid, car je n’étais vraiment pas bien, de fortes douleurs thoraciques, je n’arrivais pas à respirer, maux de tête, vertiges, je n’ai pas réussi à dormir de la nuit. Le médecin urgentiste a pris mon taux d’oxygène. Il m’a dit qu’il n’était pas inquiet, que tout était bon. Il m’a prescrit un antidouleur.

Je suis retournée au travail pour effectuer des permanences 2 jours par semaine pendant le confinement. Mon état s’était un peu amélioré mais j’étais encore extrêmement fatiguée (je dormais beaucoup), j’avais des vertiges et comme une perte de sensation du côté gauche, je manquais de souffle (j’arrivais à peine à monter un étage alors que je suis une sportive, avant cet événement, je courais une heure par jour), j’avais de fortes douleurs aux poumons et des pointes au niveau du cœur.


Je suis retournée voir mon médecin le 5 juin car les symptômes persistaient. Elle m’a prescrit des antidouleurs. Elle ne comprenait pas, les examens étaient bons et le taux d’oxygène aussi ; elle a fait faire un test sérologique, il est revenu négatif.

J’ai continué à travailler. Je conservais une grosse gêne respiratoire, de fortes douleurs au niveau du thorax et du cœur, une grande fatigue, des vertiges.


Mi juillet, ne me sentant pas bien et ne tenant plus physiquement, j’ai avancé d’une semaine mes vacances pour partir me reposer. Au bout du troisième jour, j’ai rechuté. Impossible de monter la dune de sable pour aller à la mer, je passais mon temps au lit, je n’arrivais même pas à faire un pâté de maisons, j’avais des vertiges, de grosses douleurs au niveau du cœur et du thorax, je ne dormais plus la nuit, je n’arrivais plus à respirer, j’ai commencé à avoir une perte de sensation et des fourmillements du côté gauche du corps avec des maux de tête. Ma famille m’a emmenée aux urgences le 27 Juillet, mais aucune anomalie n’a été détectée.


Le 30 Juillet, j’ai revu mon médecin, elle m’a prescrit un scanner thoracique et elle a pris RDV avec un cardiologue. Elle ne comprenait pas, mon bilan était bon.

J’ai vu le cardiologue le 31 Juillet. Il a téléphoné à un pneumologue qui lui a préconisé une scintigraphie pulmonaire. Je l’ai faite le 3 Août 2020, elle a révélé des embolies pulmonaires. Le cardiologue m’a pris RDV avec un spécialiste des maladies vasculaires. J’ai été placée sous anticoagulant et en arrêt avec un suivi tous les mois par mon médecin et de la Kiné respiratoire.


Le 24 Août, j’ai rencontré ce spécialiste, qui avait des doutes sur ce diagnostic, se basant sur une sérologie Covid négative ; il préconisait des épreuves respiratoires et un scanner pulmonaire avec injection pour le 30 Octobre.

Le 26 Août, j’ai revu le cardiologue. Au vu de mes symptômes, il pensait fortement au Covid. Il a téléphoné au Directeur du laboratoire où j’avais fait le test sérologique ; ce dernier lui a indiqué que les tests n’étaient pas fiables à 100 %, et qu’il y avait des faux négatifs, il avait même un cas d’une personne avec un PCR positif et une sérologie négative.


Le 09 Septembre, j’ai rencontré le pneumologue qui constatait une perte des capacités respiratoires mais restait hésitant sur les causes au vu de la sérologie négative.

Le 30 Octobre, j’ai été hospitalisée pour la journée, à la demande du spécialiste des maladies vasculaires. Les épreuves fonctionnelles respiratoires ont montré un déficit des capacités respiratoires de 30 % et l’angioscanner (contrairement à la scintigraphie) n’a montré aucune séquelle d’embolie pulmonaire.


Le 04 Novembre, j’ai revu le pneumologue pour un contrôle médical car mes symptômes persistaient, toujours des difficultés respiratoires, une grande fatigue, de fortes douleurs au poumon droit, même si mon état général s’améliorait. Il a fait faire un scanner qui n’a révélé aucun élément.


Le 10 Novembre, j’ai fait une scintigraphie de contrôle qui a montré une accentuation des embolies pulmonaires. L’anticoagulant a été changé.

Le 13 Novembre, j’ai fait un angioscan mais ce dernier n’a rien révélé. Une opposition s’est formée entre les médecins : certains restaient perplexes sur mes symptômes et le diagnostic Covid sans donner plus d’explications, l’angioscan étant négatif, pour eux, rien d’inquiétant, tout allait bien, ils s’accordaient tous sur une perte de 30 % de mes capacités respiratoires, d’autres suspectaient un Covid long avec un effet prolongé des symptômes et des embolies pulmonaires ; pour eux, il fallait prendre en compte les résultats de la scintigraphie et non de l’angioscan (des rapports médicaux préconisaient la scintigraphie plus adaptée aux emboles liés au Covid).


Ayant toujours des difficultés respiratoires, une forte douleur au poumon droit, une grande fatigue accentuée dès l’effort, des maux de tête, j’ai rencontré le 1er Mars 2021 un deuxième pneumologue plus spécialisé dans les cas Covid. Au vu de mes symptômes et des différents examens médicaux, ce dernier a confirmé un Covid long ; j’ai fait une

EFR permettant de mesurer l’évolution de l’insuffisance respiratoire ; cet examen qui dure 5 minutes m’a mise KO les deux jours suivants (sensation de manquer d’oxygène, grosse fatigue, douleurs aux poumons). Je suis en attente d’un examen avant de pouvoir entamer une réadaptation cardiaque et respiratoire à l’hôpital et en arrêt depuis le mois d’Août.


Voilà ma petite histoire…


J’espère que ce témoignage pourra aider les personnes qui ont des difficultés respiratoires et des séquelles durables suite au Covid et je leur souhaite beaucoup de COURAGE.


Pour ma part, je tiens à remercier profondément mon cardiologue et mon médecin traitant qui ont été réellement d’un grand soutien et d’un grand professionnalisme en cherchant des solutions à mes problèmes.

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